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1900 (Novecento) de Bernardo Bertolucci en coffret collector Blu-Ray & DVD


Alors que l'on vient d'apprendre le décès, le 26 novembre 2018, du cinéaste Bernardo BERTOLUCCI, Wild Side Vidéo propose la version restaurée (sous la supervision du directeur de la photographie Vittorio STORARO) de la superbe fresque 1900 (Premier acte) (1976) - 1900 (Deuxième acte) (1976), présentée dans un magnifique coffret rempli de bonus.

La bande annonce présentée par Wild Side :




Et un extrait de la sublime musique du film, composée par le Maestro Ennio MORRICONE :





Restauration 4K entièrement supervisée par le directeur de la photographie Vittorio Storaro

2 Blu-ray pour le film (318’)
1 Blu-ray pour les bonus (213’)
2 DVD pour le film (306’)
1 DVD pour les bonus (213’)

* 1 livret exclusif présentant « L’Enfant et les Grenouilles », un texte écrit par Giuseppina Sapio, spécialiste de l’oeuvre de Bernardo Bertolucci, et un portfolio du film tiré d’archives rares (160 pages)

* « 1900 ou Le Siècle inachevé » : entretien avec Bernardo Bertolucci autour de la genèse du film (39’)

* « Une image rêvée » : histoire d’une restauration par Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne (33’)

* « Dialogue en clair-obscur » : conversation avec Vittorio Storaro (52’)

* « Un Américain à Parme » : interview de Robert De Niro (8’)

* « La Mort du chat » : souvenirs de tournage par Donald Sutherland (19’)

* « Le Cinéma selon Bertolucci » : le making of par Gianni Amelio (62’)


Attention : édition limitée à 3.000 exemplaires...




1900 (Novecento) de Bernardo Bertolucci en coffret collector Blu-Ray & DVD
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- Date 27/11/2018  - Plus d'info sur le film 1900 (Premier acte)
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Films classiques Westerns
Comédies musicales Horreur / Fantastique


Guet-apens  

Je n’ai pas lu le roman d’où sortent les personnages de "Guet-apens", mais ce n’est pas le premier film racontant l’histoire de celle d’un couple criminel en cavale. Il en a eu des bien meilleurs, pourtant Guet-apens est considéré par de nombreuses critiques de Sam Peckinpah comme le plus mauvais de sa filmographie. Ce film d’action est sorti suite à de mauvaises critiques sur son antécédent film Les Chiens de Paille certes mieux réalisé, mais les Britishs et Européennes ont été assez durs dans les propos de son film. Les Anglais n’ont pas aimé la fin de Straw Dogs (dans un sens ont peu les comprendre), Peckinpah était obligé de répondre à la critique anglaise, en réalisant Guets-Apens, un roman noir et sombre dont Peckinpah n’a pas aimé la fin (assez contradictoire par rapport à son film Straw Dogs), et demanda à remanier le scénario auquel celui-ci est le seul qu’il n’a pas écrit.

Ce film au départ devait être réalisé par Peter Bogdanish, critique et réalisateur duquel voulait dans les rôles principaux, son acteur fétiche, Ryan O’Neal et une jeune débutante Sibylle Shiepher (la série culte, Clair de Lune), mais Bogdanish étant occupé sur d’autres projets confia le tournage à Peckinpah, lequel choisi Steve McQueen, dont ce dernier imposait les règles du jeu, l’acteur s’investissait en rachetant aux producteurs Robert Evans, l’homme qui sauva la Paramount de la Banqueroute les droits du roman, Le Lien conjugal (The Getaway). Pour Evans c’était une aubaine de s’en débarrasser, mais il fit un compromis mettre en valeur sa petite amie de l’époque, la jolie Ali McGraw. McQueen accepta, mais le producteur n’avait pas prévu que les deux acteurs tombèrent amoureux pendant le tournage.

Getaway ne devient plus une inspiration du roman, mais une histoire saugrenue sur un jeune couple marié en cavale entre la police et des tueurs. Un scénario assez faible et pas du tout trés original : mais ironie du sort Guets-apens contrairement à Straw Dogs fut le plus gros succès commercial de Sam Peckinpah avec trente minutes similaires au Chiens de paille, sauf que le dernier plan le couple en cavale se dirige vers une porte de sortie (boulette scénaristique), alors que dans Straw Dogs le dernier plan montre que le coupable, un attardé mental et tueur d’enfants avec la complicité du personnage principal restes impunis.

Le remake de 1994 a eu la malchance de venir après l’original, il n’a pas rencontré le succès : Pourtant d’après plusieurs de mes connaissances qui ont lu le roman Getaway, disent que cette version est plus proche du livre. Je dois reconnaître que la version de Roger Donaldson est meilleure : le couple formé par Alex Badwin et Kim Basinger (mari et femme dans la ville) montrait le talent moins individualiste que celui de McQueen/McGraw. La scène finale est la même que celle de Sam Peckinpah, normal, car le scénariste est Walter Hill, le même auteur que celui de l’original.
Guet-apens

 Lu 38 fois Avis de : jamesbond   tous les avis    Votre avis   Répondre      



Hantise  

George CUKOR est surtout connu pour ses comédies."Gaslight" réalisé pendant la guerre révèle une autre facette de son talent. Il s'agit d'un sommet du thriller psychologique et gothique qui doit absolument être redécouvert tant pour sa valeur en lui-même que pour l'influence qu'il a exercé par la suite. Il est passionnant d'analyser par exemple la relation étroite qu'il nourrit avec les films de Alfred HITCHCOCK situés dans la même période. Comme "La Corde" (1948), l'histoire est tirée d'une pièce de théâtre de Patrick Hamilton qui avait déjà été adaptée au cinéma par les anglais en 1939. La résidence lugubre et hantée ainsi que la servante maléfique rappellent "Rebecca" (1939) alors que le comportement du mari fait penser à " Soupçons" (1941). Mais à l'inverse, "Les Amants du Capricorne" (1949) découle du film de George CUKOR. Tout d'abord parce que l'on retrouve dans les rôles principaux Ingrid BERGMAN et Joseph COTTEN et ensuite parce que des thèmes, des images voire des scènes entières font écho à "Gaslight": la femme malade et cloîtrée, la connivence entre la servante et le mari, les gros plans sur le visage apeuré de Ingrid BERGMAN, la séquence mondaine qui tourne au fiasco par la faute du mari. Quant au thème de la demeure victorienne hantée et maléfique, il se prolonge bien au-delà des années 40. "Psychose" (1960) toujours de Alfred HITCHCOCK en est l'exemple le plus évident (le plan de l'ombre de la mère qui passe devant la fenêtre est repris d'ailleurs de "Gaslight") mais beaucoup plus récemment dans le domaine littéraire, la sinistre demeure des Black située au 12 Square Grimmaurd dans la saga "Harry Potter" de JK Rowling est la copie conforme du 9 Square Thorton de "Gaslight".

Comme d'autres films gothiques de la même période tels que "Dragonwyck" (1946) de Joseph L. MANKIEWICZ, "Gaslight" est une remarquable description des mécanismes de l'emprise conjugale. Tellement remarquable que le terme "gaslighting" a pris un nouveau sens après le film: celui d'une technique de manipulation consistant à faire douter la victime de sa propre santé mentale. Grégory, le personnage du mari manipulateur joué de façon remarquable par Charles BOYER commence par fondre sur sa proie et ne plus la lâcher. George CUKOR nous fait comprendre dès le départ qu'il s'agit d'un prédateur. Lorsque Paula (Ingrid BERGMAN) lui demande de lui laisser faire un voyage seule pour prendre le temps de décider si elle l'épouse ou non il fait semblant d'acquiescer mais au moment où elle sort du train, on voit soudain sa main surgir dans le cadre et l'agripper par le bras. On comprend alors qu'il ne lui laissera aucun répit. Lors de leur lune de miel, Cukor filme Grégory au premier plan comme une silhouette noire floue et de dos, contemplant tel un oiseau de proie sa future victime vêtue de blanc dormir dans le fond du champ. La manipulation peut commencer. Grégory obtient sans difficulté de Paula d'aller vivre dans la maison où dix ans plus tôt sa tante Alice a été assassinée. Il s'ingénie à la couper de l'extérieur et à lui faire perdre confiance en elle et en ses facultés mentales. Il lui fait croire qu'elle a des visions, qu'elle perd la mémoire, qu'elle a des absences. Il souffle sans arrêt le chaud et le froid pour mieux la déstabiliser et l'affaiblir, le tout avec la complicité de Nancy, la servante dévergondée avec laquelle il joue un jeu de séduction assez pervers (pour son premier rôle à seulement 17 ans, Angela LANSBURY future héroïne de la série "Arabesque" crève l'écran). On flirte avec le fantastique suggéré par l'atmosphère expressionniste et le fait que Grégory et Paula rejouent l'histoire de Boris et d'Alice dix ans plus tôt dont ils sont les "réincarnations". L'un joue sur sa double identité, l'autre est la nièce de la défunte et lui ressemble trait pour trait comme Brian (Joseph COTTEN, l'admirateur d'Alice et le sauveur de Paula) le lui fait remarquer. Néanmoins cet aspect de l'histoire n'est que survolé et sera beaucoup mieux exploité par... Alfred HITCHCOCK, encore lui dans "Vertigo" (1958).
image de Hantise

 Lu 55 fois Avis de : rosalie210   tous les avis    Votre avis   Répondre      



Macao, l'enfer du jeu  

Tourné en 1939, « Macao, l'enfer du jeu » est un film d'aventures cosmopolites qui se déroule lors de la guerre sino-japonaise. Un aventurier trafiquant d’armes sauve une danseuse du peloton d’exécution. Il l’emmène à Macao, haut lieu du jeu et de tous les trafics, où il tente de se procurer des armes auprès du parrain de la pègre locale.

Au départ d’un roman best-seller de Maurice Dekobra, la mise en scène de Jean Delannoy montre un indéniable savoir-faire dans ce film qui a pour cadre l’exotisme qui était à la mode ces années-là. Il semble qu’il se soit inspiré de l’atmosphère de certains films tels «Agent X27» ou «Shanghai Express». L’actrice du film, Mireille Balin, n’est d’ailleurs pas très éloignée par sa beauté, son allure et son mystère des personnages joués par Marlène Dietrich dans ces deux films de Josef von Sternberg.

Erich von Stroheim avec sa figure emblématique est parfait d’ambiguïté en trafiquant d’armes. Il y a aussi l’acteur japonais Sessue Hayakawa, transfuge d’Hollywood, qui gère un casino qui est la plaque tournante de la prostitution et des trafics.

C’est un film assez moderne dans le sens où il n’a pas vraiment de héros. Les personnages sont victimes de circonstances malheureuses et leur seul but est de survivre.

Le film ne put sortir sur les écrans de la France occupée qu’en 1942, trois ans après sa réalisation, dans une version remaniée. Erich von Stroheim étant interdit d’écran par l’occupant, toutes les scènes avec l’acteur ont dû être retournées avec Pierre Renoir. La version initiale fut rétablie à la Libération.


image de Macao, l'enfer du jeu

 Lu 75 fois Avis de : Roegiest   tous les avis    Votre avis   Répondre      



Mais qui a tué Harry ?  

« Mais qui a tué Harry ? » est le film le plus décalé de Alfred HITCHCOCK, une farce macabre teintée d’humour noir british et de surréalisme. La photographie est lumineuse, le ton badin, la musique de Bernard HERRMANN (dont c’était la première collaboration avec Alfred HITCHCOCK), guillerette. On se promène dans les bois, on chasse, on flirte, on joue, on dessine, on lit. Tout cela serait parfaitement anodin s’il n’y avait pas ce cadavre encombrant dans le champ de la caméra que les personnages ne considèrent pas plus qu’un vulgaire bout de bois mais qui leur colle aux basques tel un sparadrap dont ils n’arrivent pas à se débarrasser. "La Corde" (1948) manifestait déjà ce goût de la mise en scène macabre et de l’humour noir. Mais si une partie des personnages se délectait de la situation, une autre partie la vivait à son insu. Dans « The trouble with Harry », le cadavre est exposé à la vue de tous mais ne suscite que de l’indifférence. On se croirait dans une partie de Cluedo puisque tout le monde s’avoue coupable à un moment ou à un autre. L’arme évoquée peut être aussi bien un fusil, une bouteille qu’un talon de chaussure. Cet aspect interchangeable des instruments comme des suspects montre qu’il s’agit de coupables « pour rire » : l’investissement émotionnel étant nul, la culpabilité l’est aussi. Alfred Hitchcock démontre par l’absurde qu’il ne peut y avoir de sens sans implication émotionnelle. Lorsqu’on la retire, tout devient futile et vain. Il y a même quelque chose d’angoissant et de malsain à voir ce petit monde de carte postale champêtre s’agiter ainsi au-dessus d’un cadavre. Ce n’est pas prenant faute de suspense et d’émotion mais cela se déguste comme un bonbon un peu acide et c’est l’occasion d’apprécier une facette inattendue de Alfred HITCHCOCK ainsi que l’adorable Shirley MacLAINE dans son premier rôle important au cinéma.
image de Mais qui a tué Harry ?

 Lu 87 fois Avis de : rosalie210   tous les avis    Votre avis   Répondre      



A Tale of two worlds  

Chine, 1899 : la Révolte de Boxers amènent des soulèvements dont l’un d’eux conduit au meurtre de deux Américains, les Carmichael (T.D. Crittenden & Irene RICH). Parmi les leaders chinois, le dangereux Ling Jo (Wallace BEERY). Dans la confusion, Ah Wing (E. Alyn Warren), un serviteur fidèle, réussit à sauver leur fille et l’emmène loin de cette violence.
Nous les retrouvons alors à San Francisco, dans Chinatown, bien sûr, une vingtaine d’années plus tard.
La petite fille – « adoptive » du vénérable Ah Wing – est devenue la belle Sui Sen (Leatrice JOY), que convoite l’infâme Ling Jo, maintenant le puissant maître d’une triade.

Les deux mondes du titre concerne d’un côté les Chinois et de l’autre les Blancs, mais surtout la barrière qui les séparent : aucune union matrimoniale n’est possible entre un « Jaune » et un « Blanc » !
On retrouve ici le même principe que dans Le Lys brisé (1919) : la malheureuse Lucy Burrows (Lillian GISH n’a aucunement envie d’une histoire d’amour avec le jeune Cheng Huan (Richard BARTHELMESS).
Ici, le Chinois malheureux de cette barrière, c’est The Worm (Yutaka Abe), littéralement « le Ver », qui est l’amoureux transi qui n’aura pas le droit de toucher à la femme blanche.

Mais le titre induit aussi un conte (« a tale ») et d’une certaine façon une fin heureuse. La belle Sui Sen ne finira pas ses jours avec l’ignoble Ling Jo. C’est là qu’intervient le héros : Newcombe (J. Frank Glendon). C’est un jeune sinophile averti, tout comme l’était le père de la jeune fille, qui fait la connaissance de Ah Wing, lui achetant divers objets et autres ouvrages. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sui Sen, et qu’il tombe éperdument amoureux d’elle.
Et comme le scénario nous avait appris que la fille était de naissance américaine (entendre : « blanche »), il n’y a aucun obstacle pour une union entre eux deux.

Nous sommes ici encore une fois dans ces films exotiques qui vont régulièrement émailler le cinéma américain pendant les années 1920-1930. Ici comme dans beaucoup de ces films, nous avons une vision très stéréotypée des Chinois qui représentent d’une certaine façon toutes les peuplades d’extrême orient à la peau jaune. On y retrouve aussi un racisme assumé qui considère la différence entre les deux ethnies comme tout à fait normale (1).
Alors évidemment, Wallace Beery dans le rôle de Ling Jo est un méchant de haut vol.

Un an après avoir été un Indien fourbe malgré son physique (2), il endosse à nouveau le costume d’un autre fourbe non-blanc : le Chinois. Et comme il est chinois, il porte une fine moustache tombante, et est un tantinet fourbe mais surtout cruel, comme le sera Boris KARLOFF quelques années plus tard (3). En effet, nous assistons trois fois à un de ses supplices préférés, où un homme est enfermé dans une pièce dont le plafond descend progressivement jusqu’à écraser le malheureux pris au piège. Bien sûr, ici, c’est beaucoup moins spectaculaire que quand c’est Indiana Jones qui a affaire à ce même genre de réjouissances (4), mais le résultat est plus radical. Quoi que…

Si le propos du film n’est pas des plus relevé, on ne peut pas non plus ignorer une certaine esthétique intéressante : beaucoup de jeux de lumière et d’ombre ajoutent au mystère intrinsèque des films de ce genre. La majeure partie du film se déroule dans la pénombre où ce ne sont parfois que quelques éléments d’un personnage qu’on peut voir, accentuant l’aspect angoissant des situations, ainsi que la noirceur de Ling Jo.

Avec ce « Conte de deux mondes », Frank LLOYD nous livre un film intéressant, pas un chef-d’œuvre certes, mais certainement pas un navet non plus. Lloyd savait tourner et nous le prouve ici, encore une fois.


(1) Les choses vont heureusement évoluer…
(2) Ici aussi, on a du mal à le prendre pour un vrai Chinois… Mais comme c’est Wallace Beery, on ne fait pas trop la fine bouche.
(3) Cf. Le Masque d or (1932).
(4) Cf. Indiana Jones and the Temple of Doom (1984).

 Lu 95 fois Avis de : Djayesse   tous les avis    Votre avis   Répondre      



Cent mille dollars au soleil  

« Quand les types de 130 kilos disent quelque chose, ceux de 60 kilos les écoutent. »
Cette maxime très juste est prononcée par Rocco (Jean-Paul BELMONDO), au volant de son camion, à propos des pérégrinations d’un autre chauffeur, Mitch-Mitch (Bernard BLIER).
Parce qu’il s’agit ici d’une histoire de camion, et surtout de la cargaison de l’un d’eux.
Evidemment, c’est plutôt une histoire d’hommes.
Mais il y a aussi des femmes. Sans compter les hôtesses de la séquence finales, elles sont deux : Angèle (Anne-Marie COFFINET) et surtout Pepa (Andréa PARISY).
Si Angèle n’a qu’un rôle anecdotique, Pepa est l’un des centres de l’attention, mais surtout de celle de Rocco : c’est avec elle que ce dernier se fait la malle, emportant un chargement aussi mystérieux que prometteur, vers un acheteur qui ne semble pas trop regardant.

Mais reprenons : nous sommes dans le désert marocain, où Castagliano (Gert FRÖBE) tient une entreprise de transport transsaharien. Parmi ses employés, on trouve quelques personnes au passé trouble voire bien noir, des hommes rompus qui n’ont peur de rien et boivent sec.
Pas étonnant alors qu’on retrouve derrière tout ça le dialogue ciselé du grand Michel AUDIARD.
Les différents protagonistes ne sont pas bien différents des autres personnages qu’Audiard a fait parler. Le changement est essentiellement dans le décor.
C’est un désert de pierres et de sable à perte de vue, une piste parfois difficile à suivre mais qui relie quelques villes les unes aux autres, et les pays les uns aux autres. Et sur ces routes, les camions de Castagliano, et leurs chauffeurs.

D’une certaine façon, il s’agit d’un road movie, mais sans pour autant avoir une quelconque dimension spirituelle : il n’y aura pas quelque transfiguration que ce soit : les hommes restant des hommes, et leurs rêves s’étant envolés depuis bien longtemps.
D’ailleurs au final, rien ne change : les hommes sont toujours des paumés qui retournent toujours d’où ils viennent (chez Castagliano), c’est juste la durée du voyage qui change.

La situation initiale, ces hommes revenus de tout, embauchés pour effectuer des livraisons sans poser de question, pourrait faire penser à ceux qu’on rencontre dans Le Salaire de la peur. Mais très rapidement, le comique s’impose, emmené par les répliques déjà évoquées.
C’est d’ailleurs au moment où on retrouve Lion Ventura et Bernard Blier et leur suite à nouveau ivres, recherchant un semblant de dignité allié à un pas mal assuré, que le basculement se fait définitivement.

Cette poursuite, le chargement, le désert, tout ça n’est pas bien sérieux.
J’en veux pour preuve les différentes interventions (elles sont 3) de Mitch-Mitch à la rescousse de Marec, dit le Plouc (Lino VENTURA). A chaque fois c’est le même schéma : on aperçoit son camion, la musique se fait sautillante est comique (elle aussi), Blier arrive en se gaussant des infortunes du Plouc. La première fois, le camion est enlisé ; la seconde, le moteur est en panne ; quant à la troisième, il n’y a même plus de camion !

La seule chose qui est sérieuse, ce sont les cadrages du désert. Le format 2,35:1 permet de magnifiques panoramas des différents paysages du désert, entrecoupés par les rares villes traversées par les camions et leurs occupants.
Mais le film est en noir et blanc, et les teintes colorées qu’on aurait pu distinguer (surtout dans la cour de la séquence finale). De là à coloriser le film comme ce fut le cas à une période, il y a une marge que je me refuse à franchir.

Nous sommes donc dans un film comme il y en avait beaucoup à l’époque, filmant selon les mêmes codes que la décennie précédente, à l’écart de cette nouvelle vague qui s’installait et qui fut finalement plus une vaguelette qu’un tsunami, Audiard et son verbe restant les grands vainqueurs de cette période : ses répliques sont toujours autant célébrées plus de 50 ans après.

Certes, 100.000 Dollars n’arrive pas au niveau des Georges LAUTNER de la même époque, servis par le même maître de la parole, mais on y retrouve avec plaisir les mêmes acteurs, généreux et liés par une grande amitié, et ce au-delà du film.

image de Cent mille dollars au soleil

 Lu 172 fois Avis de : Djayesse   tous les avis    Votre avis   Répondre      



Le Génie du mal  

En 1924, Leopold et Loeb, deux fils de la haute bourgeoisie de Chicago multiplient les actes de délinquance avant de commettre un meurtre gratuit au nom de leur prétendue "supériorité intellectuelle" justifiée par une lecture dévoyée de la théorie du surhomme de Nietzsche.

Ce fait divers qui a défrayé la chronique est à l'origine de la pièce "Rope's Play" de Patrick Hamilton qui a ensuite été adaptée par Alfred HITCHCOCK dans "La Corde" (1948). Mais il a également donné lieu à un roman "Crime" écrit par Meyer Levin dont est dérivé le film de Richard FLEISCHER. Celui-ci est très différent de celui de Alfred HITCHCOCK: plus scolaire, moins flamboyant, il menace même dans sa dernière partie de sombrer dans les lourdeurs du film-dossier, n'en étant sauvé que par la prestation de ce monstre de charisme qu'est Orson WELLES. Néanmoins en dépit de ce caractère appliqué, il est passionnant, surtout dans sa première partie. Il analyse en effet remarquablement les ressorts de la dérive criminelle des deux jeunes garçons. Historiquement et sociologiquement, la reconstitution des années 20 n'est qu'un vernis derrière lequel on reconnaît le contexte des années cinquante, celui de la "La Fureur de vivre" (1955) avec lequel le film de Richard FLEISCHER a des points communs. Arthur (Bradford DILLMAN) et Judd (Dean STOCKWELL) ont des relations avec leur famille marquées par l'incompréhension, l'indifférence et l'incommunicabilité. Le premier a des parents absents qui sont en représentation sociale permanente et la personnalité du second lui vaut des récriminations moralisatrices lui reprochant de ne pas entrer dans le moule du jeune homme américain viril qui fait du sport et tombe les filles. En rupture sociale et familiale, psychologiquement fragiles, les deux hommes se replient sur eux-mêmes et rejettent l'extérieur, ses lois et sa morale. L'effet miroir pathogène joue à plein même s'ils ne sont pas dans une relation d'égalité mais de domination-sujétion à caractère homosexuel sado masochiste. Artie le beau parleur est le mâle dominant et pervers du couple. Son penchant malfaisant est intimement liée à son besoin de toute-puissance. Si la pulsion criminelle émane de lui, c'est en ordonnant à Judd de l'exécuter qu'il tire le maximum de jouissance de son pouvoir. C'est aussi celui qui aime revenir sur les lieux du crime juste pour le plaisir de manipuler les enquêteurs en les lançant sur de fausses pistes. Judd, plus réservé cache derrière une apparence froide et des arguments intellectuels glaçants une nature tourmentée. Là où Arthur affiche un sourire carnassier, lui apparaît souffreteux et proche de l'évanouissement. Il a beau être sous l'emprise d'Arthur, une part de lui sabote ses plans: il ne peut écraser l'ivrogne comme il ne peut violer Ruth (Diane VARSI) comme il ne peut accepter de porter seul le chapeau du crime contre Kessler comme il ne peut s'empêcher de semer des indices qui vont les confondre. Enfin dans un film très axé sur la parole, l'argumentaire contre la peine de mort de l'avocat a d'autant plus de force qu'il établit un parallèle entre la bestialité de l'acte des garçons et celle de l'opinion publique, l'institution ne faisant qu'assouvir son goût du sang. La société ne peut progresser qu'en se montrant humaine vis à vis ce ceux qui ont commis des actes inhumains et non en rajoutant le crime au crime.
image de Le Génie du mal

 Lu 244 fois Avis de : rosalie210   tous les avis    Votre avis   Répondre      



La Fille du nord  

L’argument du film est très mince : « La Fille du Nord » est un livre qui est le best-seller de l’année. Un studio d’Hollywood décide de le porter à l’écran et fait passer des castings à des jeunes filles pour le rôle principal. C’est la 346e candidate qui l’emporte, une enseignante de patinage artistique dans un bled du Minnesota que le chargé de la publicité du studio va conseiller et en faire une star.

C’est une comédie musicale assez sympathique qui a surtout pour vocation de mettre en valeur Sonja Henie, la plus grande championne de patinage artistique de tous les temps et dont le palmarès n’a pas encore été égalé à ce jour...

A ses côtés il y a Tyrone Power, le publicitaire qui fait de la patineuse une légende du cinéma et dont il va finir par tomber amoureux. On y voit aussi Rudy Vallee le crooner qui a été le pionnier de l'utilisation du microphone sur scène. Il sert de faire-valoir à la jeune femme dans un procédé publicitaire qui le fait passer pour son boy-friend. Et cette bluette est enrobée par la musique d’Irving Berlin !

Au passage, le film pointe, avec humour, quelques dérives du « Star System » hollywoodien pour qui les acteurs et actrices sont des produits commerciaux...

C’est un film sympathique, mais qui n’a de réel intérêt que voir patiner Sonja Henie.
image de La Fille du nord

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