La Rue rouge
 
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La Rue rouge

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10/11/2011      partager tweet

leduffpascal@CP

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note a vu le film au cinéma le 09/11/2011 Avis : note
Quelques mois à peine après le tournage de LA FEMME AU PORTRAIT, Fritz Lang retrouvait son même trio d'acteurs ( Edward G.Robinson / Joan Bennett / Dan DURYEA ) pour une nouvelle adaptation de ' La Chienne ', un roman de Georges de la Fouchardière déjà portée à l'écran par Jean RENOir dix ans plus tôt avec Michel SIMON. Le plaisir de retrouver ces comédiens qui fonctionnent si bien ensemble est franc. Les retrouver tous les trois dans un emploi très proche donne un peu plus de profondeur à ce mélo noir et drôle. L'ironie de certaines situations permet à cette histoire si sombre d'être dans un registre léger, dans le caractère notamment de son couple de manipulateurs pathétiques. Les feux semblants s'enchaînent autour des mésaventures de ce peintre du dimanche qui devient un grand artiste, enfin presque avec une épouse qui vénère son premier mari qui se révèle bien différent de celui qui est rêvé et lui-même mal marié soulagé du retour de son rival fantôme, et qui lui est persuadé de le gêner. Malgré l'ironie de l'écriture de Dudley Nichols ( co-scéanriste de L'Impossible Monsieur Bébé, entre autres ), la force dramatique est réelle, autour de la culpabilité, de l'impossibilité pour certains de vivre leurs rêves. Les propos tenus à l'encontre du caissier sont cruels : laid et vieux, il sait qu'il l'est mais il a cru à cet espoir fou de séduire cette jolie femme si vulgaire. Mais malheureusement celle qu'il rencontre est bien la chienne du titre de l'oeuvre originale. Elle aime les hommes, les vrais et en l'affublant à plusieurs reprises d'un tablier, Lang démontre sa faiblesse et une certaine forme d' asservissement qui justifierait presque la façon dont Kitty se moque de lui, ouvertement. Son aveu de ne jamais avoir vu de femme nue renforce cruellement cet aspect. Porter le nom de Christopher Cross ( Criss-Cross ) suscite bien des moqueries, comme il le reconnaît lui-même dans un sourire forcé.

La mise en scène de Fritz Lang fourmille d'autres symboles, par exemple avec la première visite de Robinson dans le bar louche qui jouxte l'appartement minable de Joan Bennett. Le lieu est riche en figures géométriques qui marquent l'état psychologique du modeste caissier de banque : les briques rectangulaires, les carreaux de la nappe, annoncés par le plan sur le sac à main de la jeune femme avec cette décoration en spirale. Frustré d'une vie sans amour, il rencontre une femme qui lui fait donc tourner la tête et cela se ressent dans la façon dont Lang place ses personnages dans le cadre. Autre élément symbolique, un couteau apparaît à plusieurs reprises dans le champ de vision du mari de façon évidente. Dans un registre d'abord comique avec une émission de radio qui diffuse l'émission ' La Maison du Bonheur ' alors que lui ne voit quasiment plus que ce couteau envahissant à l'écran, qui sera un objet récurrent dans le dispositif visuel du cinéaste, jusqu'à une séquence enragée.

Joan Bennett malgré une réelle élégance interprète avec crédibilité une femme fatale des bas-fonds. Loin d'autres figures féminines de ce genre, elle n'est pas très fine et son accent argotique souligne sa médiocrité morale et sociale. Dan DURYEA, excellent acteur de composition joue le même type de personnage que dans LA FEMME AU PORTRAIT, un petit truand dépassé par une manipulation trop complexe à gérer pour sa petite tête. Sa réaction lorsque les tableaux du peintre rejeté de tous sont soudain vendus est drôle et marquent son manque de chance. C'est en voulant révéler le mensonge de celui qui prétendait être un peintre à succès qu'il lui apporte une grande notoriété. Triste figure dont la malédiction est un manque de chance qui le voit accumuler les preuves contre lui. Son comportement détestable ne l'aidera pas beaucoup. Edward G.Robinson a souvent interprété des hommes forts, déterminés mais il sait aussi prêter ses traits rugueux à des personnages plus fragiles, ce qui lui donne un point commun de plus avec Michel SIMON. Quelques caractères plus positifs apparaissent : Millie la colocataire de Kitty qui a souvent tenté de la remettre dans le droit chemin ( mais ' j'ai perdu mes ailes d'ange gardien ' lui dit-elle, lassée ) ou l'employeur de Cross.

Si la fin marque l'obligation de punition, car le crime DOIT être puni dans les films de cette période, la morale fade est évitée, car le sens de la culpabilité du protagoniste est évidente dès le départ. Il se sent coupable aussi bien des actes immoraux qu'il commet que de ses pensées qu'il est incapable d'assumer. Il est une victime trop parfaite, ce qui rend parfois difficile l'empathie à son égard mais son incapacité au bonheur permet de comprendre tout de même sa détresse profonde. Oeuvre moins respectée que ce précédent film, elle est pourtant plus satisfaisante car repose sur autre chose qu'un rebondissement final irréel qui en limitait la portée. Les surprises abondent certes ici mais c'est plus crédible, même ceux tirés par les cheveux. Un film noir désespéré avec un coupable qui subira une punition un peu plus originale que de coutume, sans temps morts ni accélération forcée.

 
30/12/2012      partager tweet
Avis Cinéma
dancerinthedark

[Accro au ciné]

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note a vu le DVD le 30/12/2012 Avis : note
Ce remake américain du chef-d’œuvre de Renoir « La Chienne » de Jean RENOir impose d'emblée une comparaison. Car si quelques éléments ont été modifiés pour adapter le film à la culture américaine, l'histoire reste ressemblante. Pourtant, on perd ce qui fait la force du film français : l'impertinence et le côté immoral du scénario. Ce ne sont pas les chanteurs de rue mais les groupes chrétiens qui vont précéder le meurtre. Ce sont des journalistes qui vont rappeler au peintre qu'on ne peut échapper à sa conscience et au remord : ce détail est ajouté à la version américaine pour expliquer la tentative de suicide qui va absoudre le meurtrier.
Tout est trop sage : la fille n'est pas une prostituée mais une fille sans emploi, le gars est un petit joueur sans envergure et non un souteneur...
Edward G. Robinson est parfait dans son rôle mais il ne parvient pas à nous faire oublier Michel SIMON, tant il lui manque cette petite pointe de folie que demande le personnage. Ce film explique tout car il ne parvient pas à nous faire comprendre l'intention. Fritz Lang n'est pas Renoir.
Film produit et réalisé par Fritz Lang, ce film ne parvient pas à s'éloigner suffisamment de l'original pour en apprécier ses propres valeurs. Du coup, je conseillerais la vision de ce remake pour mieux aller se régaler en visionnant « La Chienne ».
 
29/06/2014      partager tweet
Avis Cinéma
vanohe

[Cinévore]

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note a vu le DVD le 29/06/2014 Avis : note
Hypocrisie, cupidité, abandon de soit, une panoplie de sentiments dans un drame sombre, où l'on sent s'enfoncer doucement son protagoniste dans une spirale maléfique. Le film est très bien amené, sans précipitation, sans effet de manche, mathématiquement, un film construit tout en intelligence, la justice est rendue d'une manière ou d'une autre, et où, dans ses années 40, il était de bon ton de dire que le crime ne paie pas.
 
11/04/2018      partager tweet
Avis Cinéma
jamesbond

[Maitre Ciné]

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note a vu le film au cinéma le 11/04/2018 Avis : note
Remake du film de Jean RENOIR La Chienne (1931), cette version est différente; celle de Renoir était un drame rural racontant les bas-fonds de la prostitution et du chantage. La version du maître Fritz Lang est un film noir, sombre et moraliste quoique visionnaire assez proche de la thématique de l'un de ses films La Femme au portrait (1945) joué avec les mêmes acteurs principaux.

Les deux scènes finales sont différentes, la version de Renoir finie par une cocasserie d'un ton immoraliste et un tomber de rideau, où le vieux meurtrier de la jeune prostituée finit par l'oublier en envoyant un innocent à la guillotine...Tandis que celle de Lang, le personnage est totalement usé, a du remord, et le juges ne croit pas à sa culpabilité; il va passer d'employé de banque à clochard, et finir sa vie dans la pauvreté, sans un dollars en poche.

L'adaptation de Lang est plus légère, plus moraliste, mais servit par trois bons acteurs; la sublime Joan Bennett(parait-il que Lang était tombé amoureux de l'actrice?), l'inoxydable Edward G. Robinson, et l'excellent Dan DURYEA toujours aussi cruel, mais cette fois-ci jouant les gogos courant à sa perte.
 
14/05/2019      partager tweet
Avis Cinéma
rosalie210

[Cinéphil]

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note a vu le DVD le 13/05/2019 Avis : note
"La Rue Rouge" est le remake américain de "La Chienne" (1931) de Jean RENOIR tout en étant le film jumeau de "La Femme au portrait" (1945) le précédent film réalisé par Fritz LANG. Le site Critikat a d'ailleurs rebaptisé le film "La Chienne au portrait" ^^ mais il aurait également pu s'appeler "La Chatte au portrait" puisque le personnage féminin est surnommé Kitty ^^. De ce fait bien qu'intéressant par lui-même, il est assez amusant de le comparer à ses modèles pour en déduire les ressemblances et les différences.

Par rapport au film de Jean RENOIR, il est clair que la contrainte majeure du code Hays alors en vigueur aux Etats-Unis a sensiblement modifié l'œuvre en rendant sous-jacent ce qui était explicite. Ainsi pour comprendre que Kitty (Joan BENNETT) est une prostituée et non une "actrice" comme elle se définit elle-même, il faut se référer au titre qui est une allusion à la grande prostituée de Babylone dans l'Apocalypse selon Saint-Jean ainsi qu'à son comportement vénal et vulgaire (il est rare dans un film hollywoodien de cette époque ou tout est léché de voir le laisser-aller dans lequel elle vit). De même, l'attitude de Johnny (Dan DURYEA) son amant qui ne cesse de la jeter dans les bras d'hommes pour qu'elle leur soutire de l'argent permet de comprendre qu'il est son maquereau sans que jamais cela ne soit dit. Fritz LANG flirte ainsi avec l'interdit, il s'est d'ailleurs attiré quelques ennuis auprès des ligues de vertu à cause notamment d'une scène de chambre à coucher dans laquelle Kitty se fait vernir les ongles de pieds par Chris (Edward G. ROBINSON). Et puis encore une fois, Fritz LANG parvient à contourner la règle selon laquelle le criminel doit être puni. Chris échappe à la justice mais son tourment intérieur est tel que la chaise électrique apparaît comme une délivrance à côté du fardeau de la vie de paria écrasé de culpabilité qu'il est obligé de porter.

"La Rue rouge" est par ailleurs une déclinaison de la "La Femme au portrait" (1945), Fritz LANG ayant établi de nombreux points communs entre les deux films, du casting à la photographie en passant par les personnages et les thèmes évoqués. Chris Cross (!) comme Richard Wanley est insatisfait de sa vie de petit-bourgeois et rêve de vivre une aventure dans les bras d'une femme jeune et belle qui va provoquer sa déchéance. La peinture sert d'ouverture sur l'inconscient, celle que pratique Chris magnifiant ses sujets sous l'effet de la passion (le pissenlit à moitié fané dans le verre mais offert par Kitty devient ainsi un tournesol!) Mais la peinture s'avère également être un piège qui coupe Chris de la réalité. En dépit du fait que Kitty joue très mal la comédie, il se laisse manipuler par elle, elle-même étant manipulée par Johnny envers qui elle se montre tout aussi stupide et aveugle. Pour elle un homme, un vrai c'est celui qui la domine et lui met des beignes comme quoi le machisme peut être parfaitement bien intériorisé par celles qui en sont victimes. "La Rue rouge" est un film très pessimiste sur la nature humaine. Le manque de lucidité y est tel que les mensonges et les faux-semblants y règnent en maître, forgeant des destins tragiques. Chris Cross passe ainsi à côté de sa vie, se faisant rabaisser et dépouiller de tout ce qu'il possède par les femmes et les hommes qui agissent dans leur ombre. Mais ce n'est pas un personnage qui suscite l'empathie pour autant car c'est un faible qui se laisse dominer par ses pulsions meurtrières, le couteau/pic à glace planté dans la chair servant de vengeance au rejet sexuel qu'il subit de la part de sa femme Adèle puis de Kitty. Lorsqu'il découvre qu'il a été bafoué par Kitty et Johnny, il les tue, l'une de façon active en l'assassinant et l'autre de façon passive en le laissant se faire exécuter à sa place.
 
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