La Strada
 
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La Strada

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24/04/2011      tweet
Avis Cinéma
LGé

[CinExpert]

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a vu le DVD le 24/04/2011 Avis :

Début des années 50, Fellini, alors scénariste aguerri et reconnu de films néoréalistes tels que « Roma Città aperta » et « Paisa » de Roberto Rossellini, se décide à réaliser lui-même, « pour un cinéma de la reconstruction » dit-il, redéfinissant ainsi son credo artistique : « Regarder la réalité d’un œil honnête, mais toutes sortes de réalités ; pas seulement la réalité sociale ; mais également la réalité spirituelle, la réalité métaphysique, tout ce que l’homme a à l’intérieur de lui ».

A sa sortie, « la Strada » fut donc conspué par les tenants du dogme néoréaliste.
Ainsi, le premier commentaire que Fellini fit de son film, en guise de justification : « il présente le catalogue complet de mon monde mythologique »
Et de fait, ce trio : la bête (Zampano), l’innocente (Gelsomina), l’ange (ou Le fou) représente un trio de tragédie mythologique.

La fin du film nous montre Zampano, qui vient d’apprendre la mort de Gelsomina, désemparé et pleurant peut-être pour la première fois de sa vie.
Mais le film ne nous dit pas si cet effondrement a valeur de rédemption.
On peut l’imaginer, bien sûr…les larmes de Zampano répondant, finalement, à la question que la toute petite voix de Gelsomina lui a posée un jour : « Est-ce que tu m’aimes un peu ? »
Mais, quand il regarde le ciel et semble suivre quelque-chose des yeux, n’est-ce pas comme si c’était sa toute nouvelle conscience de la mort de Gelsomina qui avait autorisé son parcours « au ciel », comme un reflexe, malgré tout, du maitre envers « sa chose » ?

Et comme cette fin, le film ouvre d’autres questions sans y répondre vraiment (et c’est là son charme).

Est-ce un film d’apprentissage ?
Gelsomina fait bien, elle, un parcours : elle apprend (comme par miracle) cette mélodie à la trompette qui la lie au Fou, elle découvre le monde, et surtout, elle apprend qu’elle peut être aimée…
Mais c’est également un film « circulaire »… un film où on « tourne en rond » : il débute sur une plage et finit sur une plage. On imagine que Zampano fait la même tournée depuis des années. Et Gelsomina qui aspire à revenir chez sa mère.
Et des cercles le film en compte d’autres : la piste du cirque par exemple ; Il y a cette belle scène : c’est la dernière représentation de Zampano ; il est maintenant solitaire et désemparé, la caméra le suit en panoramique du centre de la piste ; il en fait le tour , débitant sans conviction son laïus ; cette scène nous donne un peu le « tournis ».
Et enfin il y a le visage rond de Gelsomina, sa « tête d’artichaut ».
Fellini : « pour moi, « La Strada » est devenu réalité quand j’ai pour la première fois dessiné sur papier le cercle qui était la tête de Gelsomina ».

Un film néo-réaliste ou onirique ?
Zampano et Gelsomina nous sont montrés comme des animaux, agissant sous l’œil lucide de l’auteur, face à la réalité crue…
La mère de Gelsomina (qui vient de la vendre à Zampano): « Prenez soin d’elle »
Zampano : « Bien sûr ! J’ai même dressé des chiens »
Mais ce néoréalisme est altéré. Tout y est certes banal, crédible, de l’ordre du fait divers. Cependant le film nous amène vers l’onirique :
- Ce cheval solitaire qui descend la rue, la nuit, devant Gelsomina attendant le retour de Zampano
- Cet enfant malade « à la grosse tête »
- Ces trois musiciens, surgis de nulle part qui surprennent Gelsomina au bord de la route
- Et « Le fou », qui, avec ses ailes de papier, sur son fil, ressemble à un archange hésitant entre ciel et terre

Chrétien ou métaphysique ?
Oui, il est question d’un sacrifice.
Gelsomina : « Si je ne restais pas avec lui, qui resterait ? »
Oui, il y a la métaphore du caillou.
Le Fou : « Si je savais à quoi sert ce caillou, je serai le bon Dieu qui sait tout : quand tu nais ; quand tu meurs aussi. Ce caillou sert sûrement à quelque chose. S'il est inutile tout le reste est inutile, même les étoiles. Et toi aussi, tu sers à quelque chose avec ta tête d'artichaut".
Oui, il y a les quatre scènes qui orchestrent le parcours spirituel de Gelsomina : la procession, la découverte de l'enfant malade, l'hébergement au couvent et la mort du Fou
Cependant, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec « En attendant Godot », pièce de Samuel Beckett, écrite à la même époque.
Zampano et Gelsomina sont comme les vagabonds Estragon et Vladimir : ils ne peuvent vivre ensemble, mais ce lien est indéfectible.
Ils sont aussi comme les deux autres personnages de la pièce, Pozzo, le maitre, et son esclave, Lucky.
Entre néoréalisme et spiritualité, la voix tracée par Fellini comme par Beckett est celle de la conscience de l’absurdité de la vie.
L’absurdité dans « la Strada », c’est le Fou qui ne peut s’empêcher de provoquer Zampano, et Zampano, qui ne contrôle pas sa force et tue Le Fou par mégarde d’un coup de poing, et fait ainsi basculer sa vie dans le drame.
L’absurdité dans « la Strada » c’est de « tourner éternellement en rond », de recommencer encore et encore le spectacle, alors que le malheur a tout envahi.
L’absurdité dans « En attendant Godot », c’est d’attendre « God-ot » bien sûr, mais c’est aussi ce deuxième acte recommençant le premier acte, presque au mot prés…

Et à la fin de l’acte, l’un dit « Alors on y va ? » et l’autre répond « Allons-y ! »

J’ai imaginé que dans la scène suivant la fin de la « Strada », Zampano entende cet « Alors on y va ? » et entre dans la mer…
 
29/10/2013      tweet
Avis Cinéma
solaje

[GuruCiné]

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a vu à la télé le 28/10/2013 Avis :

Actuellement la chaine Arte nous régale de chefs d’œuvres cinématographiques, même si il est rare que je donne mon avis sur un film passant à la télévision, je ne pouvais me taire pour celui ci que je considère comme le meilleur de Fellini.
Gelsomina est une jeune femme assez simple, elle vient d’être vendue par sa mère pour 10 000 lires à Zampano (pour les nostalgiques du franc qui regrette le temps où on pouvait acheter une baguette de pain pour 2F, sachez que les italiens pouvait se procurer une femme pour seulement 10 000 lires). Zampano est un saltimbanque amuseur des rues, la petite Gelsonima ne sait si elle doit être triste car elle quitte sa nombreuse famille ou si elle doit se réjouir d’aller découvrir un monde nouveau. La jeune femme va accompagner Zampano sur les routes et s’arrêter dans des villages pour faire son numéro où il doit en bombant le torse faire sauter la chaine qui l’entoure avec le boniment qui va avec et les roulements de tambour exécutés par Gelsonima, quelquefois le spectacle est agrémenté d’un numéro de clown, bien sûr quelques piécettes au bon vouloir des spectateurs viendront récompenser la prestation. Zampano est un homme bourru et rustre et il lui arrive de laisser la jeune femme toute seule dans la rue pour aller courir la gueuse. Un jour Gelsonima frustré d’un manque d’affection va partir toute seule et arriver dans un village où se déroule une procession, la nuit tombée elle va assister au spectacle donné par un funambule, Il Matto, dans la nuit Zampano surgit et la fugue va se terminer par une sérieuse dérouillée. Plus tard nos deux saltimbanques vont avoir l’opportunité d’entrer dans une troupe, surprise ! Le funambule Il Matto en fait partie, mais ce dernier est très taquin et perturbe le numéro de Zampano, une rixe s’ensuit qui risque de tourner très mal. La police s’en mêle et Zampano finit en cellule. Le cirque ambulant reprend sa route en laissant les querelleurs sur le carreau, c’est dommage car Gelsonima s’entendait très bien avec Il Matto, elle va toutefois attendre la sortie de prison de Zampano...
On a coutume de louer la cuisine française de part le monde et pourtant celle ci est l’apanage des grands restaurants où le commun des mortels ne va pas. En Italie c’est la cuisine populaire qui est mise à l’honneur, c’est celle de tous les jours et le juge de paix pour la qualifier est « la mama » et non un quelconque Bocuse. Pour le cinéma, c’est pareil, le décor c’est une rue, un village, une place et une histoire s’y déroule. De nos jours on peut voir l’Italie de l’époque sans subterfuge et même si les cinéastes italiens disent qu’ils se sont inspirés des films de Marcel Pagnol, on est loin du compte, là c’est plus vivant, plus crédible et plus terre à terre, même la toile du chapiteau que Zampano trouve sublime sent l’authenticité. Cette gentillesse innée qui poussent ces italiennes pourtant peu fortunées à donner une assiette de soupe à la jeune Gelsonimo laissé désemparée sur le trottoir par le gouja Zampano reste révélateur d’un climat qui pouvait exister à cette époque et qui prend sa source entre la compassion et un éventuel ticket pour le paradis. C’est une histoire qui reste assez passionnante et même très captivante, on se fond dans le récit et ce film en dit plus qu’il ne laisse paraître, il suit même la trame de l’époque où on devait ne pas évoquer certaines chose comme l’usage complet que fait Zampano de la jeune Gelsonima, le curé du film « Cinéma Paradiso » serait là pour en témoigner. Un film très émouvant avec la musique qui va bien avec et quand on l’a déjà vu et qu’en préambule de la projection on nous montre la jeune fille jouer le morceau à la trompette, vous sentez les cheveux qui se dressent sur votre tête.
 
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