Le Mystère Henri Pick
 
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Le Mystère Henri Pick

Le Mystère Henri Picknote

 

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en 2018

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06/03/2019      partager tweet
Avis Cinéma
solaje

[GuruCiné]

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note note a vu le film au cinéma le 06/03/2019 Avis : note
Le film a été présenté en avant-premières au Festival du film de Rueil-Malmaison 2019. Il est tiré du livre éponyme de David Foenkinos, auteur habitué au adaptation cinématographique.
Frédéric Koska est un écrivain très peu connu, son premier livre « La baignoire » a été envoyé à l’animateur télévision et critique littéraire Jean-Michel Rouche qui fait référence dans les milieux littéraire et celui ci le cite en fin d’émission sans en parler vraiment. L’auteur regardait la télévision avec Daphné Despero qui travaille dans une maison d’édition comme « junior » et il est déçu que le critique ne se soit étendu sur son livre. En ce moment le couple est en vacance sur la presqu’île de Crozon où habite les parents de Daphné et en parlant pendant le repas elle apprend qu’à Crozon, à la bibliothèque se trouve une section dédiée aux œuvres littéraires non publiés et cela l’intrigue beaucoup et elle décide de s’y rendre séance tenante. La bibliothécaire est intriguée qu’elle veuille visiter cette section que peu de gens demande à voir, la salle en question est remplie de manuscrits refusés par des éditeurs et certains ont des titres assez fantaisistes et on comprend très bien pourquoi les lecteurs des maisons d’édition les ont rejetés. Néanmoins en cherchant dans les rayons va tomber sur un manuscrit et la première lecture en diagonale l’incite à le prendre pour en faire une lecture plus approfondie, non seulement elle le trouve extraordinaire, mais décide de le publier ...
Le centre du sujet reste ce livre écrit par un pizzaïolo breton décédé depuis bientôt deux ans et même son épouse tombe des nues quand on lui apprend que l’œuvre écrite par son époux va devenir un best-seller sauf que le critique littéraire Jean-Michel Rouche ne veut pas croire qu’un commerçant breton ait écrit une œuvre de cette importance entre deux fournées de pizzas. Il va le dire haut et fort et cela va lui coûter sa place, il faut dire qu’il a tenté de briser une belle et adorable histoire qui plait certainement plus que le roman lui même. Alors va commencer une longue quête du critique littéraire lui-même qui veut aller sur place en Bretagne pour prouver qu’il avait raison sauf qu’au Crozon on préfère ne pas bouleverser ce mythe qui rend célèbre cette localité du bout du monde. Bien entendu l’histoire est vraiment passionnante et on se gardera d’en donner les conclusions en évoquant le plaisir qu’a le spectateur de le découvrir petit à petit. Bien sûr Fabrice Lucchini est magistral et très crédible en critique littéraire et Camille COTTIN qui campe la fille de l’auteur décédé est superbe dans se rôle et ses répliques ne manquent pas d’humour. Ce n’est pas le film phare de la semaine mais certainement le meilleur et on peut le recommander chaudement.

vu au Gaumont wilson Toulouse
 
28/03/2019      partager tweet
Avis Cinéma
Djayesse

[SuperCinéphil]

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note a vu le film au cinéma le 28/03/2019 Avis : note
« En Bretagne, il ne pleut que sur les cons. » (vieux dicton breton (1)).
Pas étonnant que quand Jean-Michel Rouch (Fabrice LUCHINI) se déplace à Crozon (29), il pleuve.
Il faut dire que ce monsieur est un sacré con quand on le rencontre. Animateur d’une émission littéraire à la télévision, ancien chroniqueur d’une revue dirigé par un quotidien de barbier, Il se retrouve dans une situation apocalyptique suite à la parution d’un roman au succès incroyable.
Mais reprenons.

Un jour, la jeune éditrice Daphné Despero (Alice ISAAZ) trouve un manuscrit dans une drôle de bibliothèque de Crozon : celle des livres refusés. Touchée par cette œuvre improbable, elle décide de la publier : c’est un succès inouï voire inespéré : son auteur, le mystérieux Henri Pick (Jean-Claude Tagand) était pizzaïolo et aurait écrit en cachette cette bombe littéraire. « Aurait » écrit, puisque Jean-Michel Rouch crie à la mystification.
Résultat, ce livre ne fait pas que changer sa vie, elle la chamboule totalement : sa femme le quitte, il est viré de la télévision.
Qu’importe, imbu et orgueilleux, il va mener son enquête.

Qu’on se rassure tout de suite, le spectateur a le fin mot de l’histoire, mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la clé du mystère.
Oui, quand Rouch apparaît dans son émission, on ne peut refouler un sentiment de mépris pour ce personnage capable d’influencer le public quant aux différents livres qui paraissent chaque jour.
C’st d’ailleurs cette influence qui est la cause de son échec. Il faut dire que l’émission qu’il dirige à propos du livre de Pick est chaotique : Madeleine (Josiane STOLÉRU), la veuve de l’auteur, quitte le plateau, énervée par l’attitude fortement déplacée du critique. Et on peut facilement le comprendre : il est d’une incorrection incroyable et plutôt indigne pour un présentateur de télé.
Voilà pourquoi il pleut quand il arrive dans la ville de résidence de l’auteur…

Mais, à mesure que Rouch progresse dans son enquête, le temps se bonifie : reparti sur des bases plus saines et sereines, il arrive à entraîner Joséphine Pick (Camille COTTIN) dans sa quête pour la vérité. Cette dernière est exactement l’aide dont il avait besoin : une personne critique – par rapport à l’attitude de ce drôle d’enquêteur – mais aussi refusant la thèse de la duperie sans pour autant fermer totalement son esprit : le doute qu’il a instillé s’est installé en elle et elle veut finalement savoir, quoi que soit l’issue.
Et ce qui fait que le film fonctionne, c’est bien cette association elle aussi improbable, qui amène son lot d’humour et d’émotion, indispensables dans un tel film.

Encore une fois, Lucchini est impeccable mais sa partenaire ne l’est pas moins. Et il est amusant de constater que le père de Camille Cottin était lui-même un bibliothécaire renommé.
Et si les livres sont la toile de fond du film, il s’agit avant tout d’une enquête : une quête de la vérité, et comme toute quête de cet acabit, il ne laissera pas indemne ses participants, en bien comme en mal. Tout comme Joséphine, nous apprécions progressivement ce personnage très désagréable au début et qui, à force de se retrouver seul parce que têtu, va petit à petit revenir vers ce qu’il avait un peu oublié pendant son ascension irrésistible.

Alors on peut penser – et je fait partie de « on » qu’on n’aurait peut-être pas dû donner la clé du mystère et laisser un petit peu de doute à la fin du film, mais ce n’est pas trop grave, cette promenade dans les milieux littéraires, que ce soit dans une grande maison d’édition (Grasset, alors que le livre original a été publié par Gallimard…), sur un plateau de télévision ou encore dans une sombre petite bibliothèque du fin fond de la Bretagne (2) est des plus réjouissantes et rend au final un bel hommage à ces livres, qu’ils soient publiés ou non.
De plus, le cercle littéraire de Crozon, où Rouch débarque, nous amène un bel instant d’humour (encore une fois), ce dernier se retrouvant plutôt mal à l’aise (3).

Au final un film réjouissant et généreux où on assiste à une métamorphose, la transfiguration inévitable qu’on trouve dans une histoire bien racontée. Cette transfiguration de Rouch peut d’une certaine manière s’apparenter à une rédemption, cette idée de salut n’est pas la propriété exclusive du cinéma américain…


PS : Décidément, j’aime de plus en plus Lucchini…

(1) Le dicton complet est : « En Bretagne, il ne pleut que sur les cons, moi je lutte pour rester à l’abri. »
(2) Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Rouch.
(3) Et on comprend pourquoi : ce ne sont que des femmes dont la passion commune est la littérature policière, mais allez voir vous même…

 
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