Nuages d'été
 
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Nuages d'été

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18/02/2019      partager tweet
Avis Cinéma
rosalie210

[Cinéphil]

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note a vu le DVD le 17/02/2019 Avis : note
"Nuages d'été", premier film de Mikio NARUSE en couleurs et cinémascope est également moins dramatique que ses précédentes œuvres, sans doute grâce à l'influence de Shinobu HASHIMOTO, l’un des plus grands scénaristes du cinéma japonais qui a souvent collaboré avec Akira KUROSAWA sur ses plus grands films tels que "Rashômon (1950)", "Les Sept samouraïs (1954)" ou "Les Salauds dorment en paix" (1960). "Nuages d'été" est également moins intimiste. Il s'agit en effet de la chronique d'une famille traversée par les profonds bouleversements économiques et sociaux du second miracle japonais à la fin des années cinquante. Comme en Europe avec les 30 Glorieuses, ce changement de civilisation va de pair avec l'émancipation de la jeunesse vis à vis du patriarcat et l'exode rural, accéléré par la réforme agraire initiée par les américains. Le patriarcat est incarné dans le film par le propriétaire terrien Wasuké (Ganjiro Nakamura) qui a trois fils de trois lits différents. On apprend que lui-même a dû se soumettre à la loi paternelle qui a répudié ses deux premières femmes parce qu'elles menaçaient d'une manière ou d'une autre la prospérité de la propriété familiale. Wasuké a intégré cette domination et veut également diriger l'avenir de ses fils. Il souhaite trouver une épouse à Hatsu l'aîné mais lorsque celle-ci est trouvée, il les fait attendre parce qu'il veut organiser un grand mariage pour une question de prestige social alors qu'il n'en a pas les moyens. Il souhaite conserver Shin le second à ses côtés alors que celui-ci qui a fait des études et est devenu banquier veut aller vivre à Tokyo. Il veut faire épouser au troisième Jun sa propre cousine Hamako afin de récupérer sa terre en dot alors que Jun veut devenir garagiste. Wasuké a en effet étendu sa domination aux parents d'Hamako (sa sœur et son beau-frère dur d'oreille) à qui il a ordonné de ne pas lui faire faire d'études (contrairement à son souhait à elle).

Mais que peut ce conservatisme forcené lorsqu'il est à contre-courant du temps? Pour une fois, son écoulement n'est pas synonyme d'érosion mais de changement. Les enfants vont s'appuyer pour réaliser leurs désirs sur Yaé (Chikage AWASHIMA), la sœur de Wasuké, paysanne elle aussi. Veuve de guerre, soumise à une belle-mère qui la méprise et l'exploite, elle comprend les bouleversements du monde mieux que les autres. Non seulement elle aide ses neveux à s'émanciper de la tutelle paternelle mais c'est grâce à elle que Wasuké renoue le contact avec sa première épouse (ce qui est une manière symbolique de désobéir à son propre père). Mais Yaé finit par être rattrapée par le fatalisme propre à Mikio NARUSE. Dès qu'elle apprend que son amant Okawa (Isao KIMURA) est muté à Tokyo, elle baisse les bras alors qu'elle avait commencé à apprendre à conduire et que celui-ci lui avait promis de lui montrer un endroit plus vaste pour qu'elle soit plus forte et plus heureuse...
 
21/04/2019      partager tweet
Avis Cinéma
jamesbond

[Maitre Ciné]

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note a vu le film au cinéma le 21/04/2019 Avis : note
Ce drame social fait partie de la trilogie Nuages… (En français) initié par Mikio Naruse depuis son chef-d’œuvre mondial, Nuages Flottants, le plus célèbre de sa filmographie aux 89 films qu’il réalisa, au bout de ses 37 ans de carrière derrière la caméra.

Pour de nombreux cinéphiles, Mikio Naruse est identifié comme le Cukor japonais, souvent comme le cinéaste américain, il est le maître du portrait de la femme. Depuis le début de son travail de cinéaste, Naruse n’a pas cessé de rendre hommage à toutes ces femmes japonaises : de mère à fille, de divorcée à veuve, de célibataire à solitaire, de prostituée à ouvrière, de citadine à campagnarde, tous les films de ce grand cinéaste japonais font l’éloge de la beauté féminine. Pourtant Mikio Naruse dans le portrait de la femme va plus loin que celui dépeint par George Cukor. Ce dernier plus proche de l’américanisation due certainement à son époque donnait un portrait de la haute société féminine américaine de la bourgeoisie, alors que le cinéaste nippon ne fait aucune distinction qu’elle soit riche ou pauvre, pour lui une femme est une femme quelle que soit sa position. Sociale

Mikio Naruse est aussi comparé à Douglas Sirk, le maître du mélodrame en Technicolor, on retrouve chez le cinéaste japonais le même ton de couleur, bien travaillé par Naruse, auquel Nuages d’été est son premier film en couleur mélodramatique, il maîtrisait fort bien cette nouvelle technologie avec des couleurs pastel bien réussies, certes moins claquantes que celles de la beauté de Sirk. Cette comparaison s’arrête là, car si Sirk réussi ses mélodrames en couleur, le grand Hollywood de l’âge d’or américain reste toujours dans sa position narrative de faire des portraits d’une société américaine toujours tiré vers le haut de la Haute Société, et non celle du bas, Sirk n’en échappe pas à la règle. Naruse va plus loin que Sirk, là où le cinéaste allemand cherche continuellement le tracas de la bourgeoisie, le cinéaste japonais donnait une autre peinture du mélodrame ; celui du Japon après guerre, où peut de cinéastes s’y aventurait en prenant des risques de filmer un Japon rare, celui des invisibles ceux que le monde des riches évite de parler, rejette, alors que ce monde de gens de rien est le sel de la société ou de la vie.

Nuage d’été fait partie de ce genre de film auxquels le cinéaste affectionnait, celui du monde de la paysannerie japonaise après-guerre donnait une vision âpre sur la ruralité. : L’exode de la jeunesse préférant quitter les leurs pour vivre et s’installer dans le confort de la grande ville. La civilisation japonaise après la guerre s’américanise, et se projette dans un avenir à grande échelle mondiale. Naruse fait un magnifique portrait d’une paysanne (prodigieuse Chikage Awashima) travaillant sur des champs de rizières, prête à se sacrifier à la tâche au nom des siens ; elle fait le choix de rester à travailler sa propre terre, et laisse partir l'homme qu'elle aime, muté dans une autre ville.
 
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