Sa Sœur de Paris
 
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Sa Sœur de Paris

Sa Sœur de Parisnote

 

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11/03/2019      partager tweet
Avis Cinéma
Djayesse

[Cinéphil]

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note a vu le film au cinéma le 11/03/2019 Avis : note
A Vienne, les Weyringer sont un couple qui bat de l’aile. Il semble que la lassitude se soit installée et surtout que monsieur Joseph (Ronald COLMAN) n’aime plus Madame Helen (Constance TALMADGE). D’ailleurs, Madame quitte Monsieur et retourne chez sa mère.
A la gare, elle rencontre sa sœur jumelle Lola, danseuse étoile en tournée à Vienne. Lola recueille sa sœur qui lui raconte ses malheurs.
Dans le même temps, Joseph découvre cette même sœur grâce au courrier : une lettre accompagnée d’une photo annonce son arrivée. Joseph, une fois la surprise passée, décide de rencontrer cette belle-sœur qui ressemble à sa femme, mais dans une version belle.

Je l’ai déjà écrit ici, mais les doubles ont toujours eu une place dans le cinéma en général et américain en ce qui concerne les plus impressionnants (1). Nous sommes quatre ans après Little Lord Fauntleroy (1921) qui voyait Mary PICKFORD donner la réplique à Mary Pickford, et un tout petit peu plus d’un mois après Don Q, Son of Zorro (1925) qui voyait Douglas FAIRBANKS se battre aux côtés de Douglas Fairbanks.
Mais si ces deux films jouent avec bonheur de cette relation double, ils n’arrivent tout de même pas au niveau d’excellence du film de Franklin.

En effet, si la technique de surimpression est la même (2), c’est le naturel qui prime : non seulement Constance Talmadge se donne la réplique, mais la doublure – qui n’est pas systématiquement de dos – enchaîne des gestes et des mouvements qui ne sont ni hésitants ni empruntés, donnant une fluidité aux rapports entre Helen et Lola. De plus, les cadrages d’Arthur EDESON couplés avec le montage rigoureux et talentueux de Hal C. KERN donnent un résultat absolument époustouflant de naturel. Magnifique.

Bien sûr, comme la plupart du temps dans une intrigue de doubles, on rit. Et on rit franchement de la situation qui commence tranquillement pour s’achever dans un imbroglio formidable. Et du moment où apparaît Lola jusqu’à la fin, c’est un tour de force que réussit Constance Talmadge dans ce rôle double : amusée par le tour qu’Helen joue à Joseph, mais un tout petit peu effrayée tout de même par cette situation qui ne cesse de se compliquer jusqu’à la résolution finale dans l’hôtel – et même la chambre – où tous les deux avaient passé leur nuit de noces quelques années plus tôt.

On est d’une certaine façon dans une situation de vaudeville avec cet homme qui croit tromper sa femme, mais aussi dans le comique subtile inhérent à ce thème porteur. Et Sidney Franklin prend le temps de bien faire monter la tension – pour Joseph – jusqu’au point de rupture : va-t-il passer à l’acte ? N’oublions pas que nous sommes en 1925, et que la morale signifie quelque chose de très important, surtout quand on sait que la MPPDA (3) a donné son visa au film.
Et puisqu’on en est à la MPPDA, nous assistons ici à un baiser extraordinaire : en effet, il était recommandé de ne pas faire durer les baisers plus de 3 secondes, et ici, c’est pendant 24 secondes (!) que Constance Talmadge et Ronald Colman s’embrassent.
Mais comme toujours dans ces cas-là, c’est pertinent (vous irez voir).

Ajoutez à cela quelques plans de coupe avec des mains qui expriment autant que les visages – surtout dans la voiture quand Joseph et Lola/Helen s’enfuient – et vous aurez un très beau film d’un réalisateur un peu oublié aujourd’hui (sauf des férus de la période muette) mais qui savait, lui aussi, tourner de grands films.
Constance Talmadge est elle aussi magnifique dans ce rôle double, mais son talent est très bien servi par son partenaire, le non moins talentueux Ronald Colman qui savait aussi bien faire rire (ici) qu’émouvoir (The White sister (1923)).
Bref, c’est du très grand cinéma que nous avons là, alors un conseil : précipitez-vous sur ce film !


(1) Je ne dis pas qu’on n’en trouve pas ailleurs : La Cité des enfants perdus (1994), par exemple…
(2) On tourne une scène puis on la retourne sans bouger la caméra mais sur la pellicule impressionnée, la magie venant après avec le montage.
(3) Motion Picture Producers and Distributors of America, organisme chargé d’accorder le droit de distribuer le film. Ce n’est pas encore le code Hays qui régit Hollywood, mais Hays est déjà là…
 
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